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L'Indice Boursier Régional IAE Lyon - Université Lyon3 fête ses 25 ans

Evènement | 3 octobre 2011

Créé il y a 25 ans, le 1er octobre 1986, cet indice boursier donne une vision dynamique des entreprises régionales cotées en Bourse, et d'un tissu industriel et commercial compétitif.

 Alain Teston
Présentation par Alain TESTON,
Directeur Honoraire de l'IAE Lyon
 
Un quart de siècle déjà que fut créé l'indice boursier régional, fruit d'une observation, d'une idée qui a débouché sur un partenariat entre l'Université Jean Moulin Lyon 3 et la Direction Régionale de la Banque Nationale de Paris.
Le constat de départ : sur la zone d'influence de la Bourse de Lyon, la majorité des valeurs cotées l'était bien entendu à la Bourse de Lyon, mais il s'agissait principalement de valeurs petites et moyennes faut-il le reconnaître. D'autres valeurs de la région étaient parallèlement cotées sur la place parisienne. A chaque place régionale, ou nationale ses spécificités, ses indices, mais sans une vue commune d'ensemble.
Alors pourquoi ne pas considérer ensemble les valeurs de la région, comme formant une unité, quelle que soit la Bourse à laquelle elles étaient rattachées, Lyon ou Paris. C'est la dessus que fut bâti l'indice boursier régional, sur une idée novatrice, évidente mais bien nouvelle de Vincent de Roux, Directeur Régional BNP Paribas à l'époque, ensuite Directeur Général de la BNPI (Intercontinentale), et d'Alain TESTON, Docteur d'Etat ès-Sciences Economiques, Diplômé Sciences Politiques de Lyon, à l'époque Maître-assistant à l'IAE de Lyon, dont il était, entre autre, issu puisque y ayant obtenu le Certificat d'Aptitude à l'Administration des Entreprises, plus connu sous l'appellation CAAE, élément fédérateur décisif des IAE, aujourd'hui devenu un Master.

A l'époque certains augures avaient même été jusqu'à prédire que cette idée, certes intéressante, serait abandonnée un ou deux ans plus tard, car la mise en œuvre demandait ténacité, rigueur et détermination...
Vingt-cinq ans plus tard l'indice paraît toujours, chaque début de mois, accompagné d'un commentaire d'environ 3000 caractères. Trois cent parutions donc. Ce qui a changé par contre c'est que depuis 1991 la Bourse de Lyon a disparu comme toutes les bourses régionales françaises (6 au total), et que cette anticipation contenue dans l'indice régional est devenue la réalité. On notera que les valeurs qui figuraient sur ces bourses ont pu garder le label de ces marchés (mentionné en général sur les cotes), et que les délégations régionales ont pu subsister, celle de Lyon (Rhône Alpes, Bourgogne, Auvergne) aussi jusqu'à il y a deux ans, Lyon Pôle Bourse ayant pris le relai...

Bref l'indice régional, référence incontournable pour apprécier l'activité économique des sociétés régionales dans leurs dimensions variées, a le mérite de l'académisme, de l'authenticité et de la vie réelle des entreprises, dans un environnement qui a subi de très profondes évolutions. L'indice regroupe 80 actions, cotées sur l'Eurolist (compartiments A, B et C depuis la réforme de 2005, et également sur Alternext).

Ce qui est intéressant c'est de pouvoir dresser une analyse d'ensemble, sur une période suffisamment longue, un peu plus même que celle du Cac 40, apparu aussi avec une base 1000 à fin 1987, après le krach boursier de fin 1987. En 2004 l'indice régional est renommé "IAE - Université Lyon 3".
Je peux ajouter que quelques années plus tard je créai l'Indice Financier Européen "IFE 15" - base 1000 fin 1992 - qui fut même coté en continu, avec une diffusion mondiale sur le réseau mondial Bridge Telerate.
Les grandes phases dans l'évolution

On peut les regrouper en trois grandes catégories.

La première période a une durée de dix ans, de septembre 1986 à septembre 1996, avec une progression globale de 60%. Concrètement, après une hausse de l'indice IAE - BNP de 45% environ en sept mois, dès mai 1987 l'indice régional commence à subir les effets considérables du krach boursier mondial de 1987, qui a connu son point d'orgue le lundi noir 19 octobre : l'évolution est assez mal mise en relief ici se situant près de l'origine du graphique, mais l'effondrement des cours est tout de même en quelques mois de 55%, avant que les niveaux qui avaient été atteints début 1987 le soient à nouveau en septembre 1989....

La deuxième phase, d'octobre 1996 à l'été 2000, est une phase d'emballement des marchés durant près de quatre ans, sous les effets de ce que l'on a appelé "la nouvelle économie" : + 140%. La montée est régulière, sauf en 1998 où un emballement a pu être observé (40% de hausse des cours en six mois)  avant les crises financières qui purent être observées : la crise économique asiatique remonte à juillet 1997, avant de se propager à d'autres pays : Argentine, Brésil et Russie...
Ce sont les valeurs technologiques qui ont le plus progressées, au point qu’une bulle financière s’est faite jour avec une déconnexion entre les cours boursiers et les résultats des firmes.

La troisième période est apparue depuis, voici un peu plus de onze ans. Avec trois mouvements baissiers, et deux haussiers, le bilan final actuel est des plus modestes.
Elle démarre avec un effondrement des cours qui durera une trentaine de mois (-44%), avec des excès de corrections comme après les attentats du 11 septembre 2001, suivies d'une reprise très temporaire. On constate que la crise n’a pas débouchée sur une crise économique majeure, que ce soit aux Etats-Unis, ou à un degré moindre dans la zone euro.

A partir de mars 2003 le processus de reprise est réel, l'indice boursier régional regagnant en trois ans et demi 130% (au plus haut à 5891). Nous sommes alors en mai 2007, la crise des subprimes apparaît au grand jour, l'indice chutant très fortement pour la deuxième fois au 21ème siècle : la crise a été alors rapprochée de celle de 1929, mais si la réalité est toute différente avec une crise aux facettes multiples, à la fois économiques, bancaires et financières, et enfin sociales. L'année 2008 est partout catastrophique : l'indice régional IAE - Université Lyon 3 perdant alors près de 48% (le CAC 40 chute pour sa part de 42,7%). La baisse persiste jusqu'en mars 2009, ayant atteint alors près de 60%.
Ce qui fut plus grave ici c’est l’apparition d’une crise de confiance, d’abord au niveau des banques qui se montrent réservées pour se prêter de l’argent sur le marché interbancaire. La crise se diffuse dans les hedge funds, plus opaques, et gagne toutes les institutions financières.

A nouveau la tendance s'inverse, la hausse des cours se faisant jour, avec une certaine reprise économique dopée par des aides publiques, comme la prime au secteur automobile. Malgré tout le processus apparaît fragile, la croissance est souvent molle, et le concept des dettes souveraines prend jour et s'amplifie, entraînant depuis quelques mois de nouvelles corrections de cours, sévères cet été par exemple. Des Etats se trouvent dans des situations difficiles, à l'image de la Grèce, de l'Irlande ou du Portugal, même si d'autres sont cités aussi comme l'Italie ou l'Espagne. Les situations ne sauraient être toujours comparées, même si certains y voient des moyens de se rassurer peut-être.
Néanmoins en guère plus de deux ans les cours doublent presque, mais à des niveaux somme toute assez faibles, compte tenu des chutes de cours recensées dans cette décennie. Tout cela doit nous rappeler que les marchés boursiers en actions constituent des placements avec des risques, plus ou moins importants.

Les enseignements que l'on peut retirer

Les indices vont bien entendu traduire des réalités dépendant par exemple des hypothèses contenues dans le choix des valeurs de l'échantillon, de la pondération qui leur est octroyée, des secteurs d'activité prédominants, de la liquidité des titres...
En ce sens l'Indice boursier régional IAE / Université Lyon 3 est intéressant car, en considérant la région Ile de France à part, il retrace l'évolution de la première région française, avec des valeurs petites, moyennes et même grandes. En 25 ans il a été multiplié par 3,6, chiffre actuel bien loin des records que l'on avait connu avant la crise de 2007 (près de 6 alors)... L'indice régional n'intègre pas les dividendes distribués, et traduit donc uniquement la valorisation du capital investi.

Si on effectue la comparaison depuis qu'est apparu le CAC 40, il y a près de 24 ans donc (base 1000 à fin décembre 1987), on constate que l'indice régional s'est mieux comporté que l'indice de référence de la Bourse de Paris : fin 1987 il était 26% en-dessous de son niveau de départ, quinze mois plus tôt... En progression annuelle, hors inflation, le CAC 40 a gagné 4,7% alors que l'indice régional avoisinait 6.9% (après un troisième trimestre 2011 calamiteux !). Bien entendu il faut bien rappeler qu'il s'agit de moyennes, et qu'au cours d'une période aussi longue les valeurs retenues ne sont pas toujours les mêmes, certaines ayant disparu, d'autres ayant pu rejoindre - ou quitter - l'indice...

De plus, comme nous l'avons répété à de nombreuses reprises, ces dernières années les valeurs petites et moyennes se sont davantage valorisées, en partie parce qu'elles étaient sous cotées, autant en raison d'une liquidité dans nombre de cas insuffisante, que grâce à une prise en considération plus conforme.
L'indice régional, par sa dimension large, donne une vision dynamique des entreprises en région qui sont cotées en Bourse, et de notre tissu industriel et commercial bien compétitif. 

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