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Les 27 ans de l'Indice Boursier Régional IAE Lyon - Université Lyon 3

Evènement | 1 octobre 2013

L’Indice boursier régional fête ses 27 ans. Il enregistre une hausse de 7,73 % en septembre…, soit 33,3% de mieux depuis le début de l’année. Retour sur 27 ans dans un monde financier en forte évolution.

 Alain Teston
Présentation par Alain TESTON,
Directeur Honoraire de l'IAE Lyon
 
L'indice boursier régional IAE Lyon - Université Jean Moulin Lyon 3 a vécu un excellent mois de juillet (+7,8%), un mois d’août inégal, avec un recul limité (-0,4%), une remarquable première quinzaine de septembre (+6,24%), la deuxième quinzaine se contentant d’un gain de 1,4%.

En neuf mois l’indice régional progresse de 33,32%, beaucoup plus que le CAC 40 (+13,8%), ou que l’indice Mid&Small (+18,5%).

27ème ANNIVERSAIRE DE L’INDICE BOURSIER REGIONAL :
un bilan réconfortant

Plus d’un quart de siècle dans un monde financier en forte évolution, et complètement remodelé. En données chiffrées, on dénombre dix-sept années de hausses, les plus importantes étant intervenues après le krach financier de 1987 : +94% sur deux ans d’envolée des cours, puis +44% en 1993, encore +182 % sur cinq ans entre 1996 et 2000, suivi par +114% durant les quatre années 2003 à 2006, puis + 60% sur 2009 et 2010, et les évolutions sont positives depuis fin mai 2012 pour l’indice régional avec des hausses chaque mois, excepté deux reculs limités en juin et août.
En sens contraire, c’est en 2008 que l’indice régional a subi son recul historique (-48% !), trois autres années ayant subi des corrections supérieures à 20%. Depuis l’origine, hors dividendes, la progression annuelle moyenne de l’indice régional ressort finalement à 6,4%.

La Bourse française a su se moderniser, informatisant les cotations, et supprimant début 1991 ses bourses régionales, dont Lyon était la plus importante. Elle a su se regrouper avec d’autres bourses européennes (Euronext), puis s’est mondialisé au sein de NYSE-Euronext. Depuis IntercontinentalExchange (ICE) a acquis Nyse Euronext en décembre 2012, et la partie européenne de l’entreprise de marché, valorisée à environ 1 milliard d’euros, devrait être cotée en bourse d’ici quelques mois.

La crise actuelle du « siècle » comme certains l’ont qualifié a débuté fin mai 2007, l’indice régional ayant atteint alors son plus haut historique à 5891,2 (base 1000 fin septembre 1987), avant de s’effondrer à 2415 en février 2009. Pourtant la phase marquante a eu lieu le 15 septembre 2008 avec la faillite de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, voici donc cinq années. On a pu lire ainsi à cette occasion que le Cac 40 venait de retrouver ses niveaux d’antan - en dépassant 4200 points au cours de la deuxième quinzaine de septembre 2013 -, sans pour autant s’être aussi bien comporté durant les cinq dernières années que le Dax allemand ou le Footsie britannique…

Une analyse plus fine permet de pouvoir dire que les comparaisons ainsi établies sont à relativiser : d’une part le Dax réintègre les dividendes, ce qui majore bien sûr sensiblement ses performances, quand dans le même temps le Cac 40 subissait de plein fouet les effets de la crise sur les valeurs financières.
La comparaison avec Londres n’est pas davantage révélatrice car le Royaume Uni est en dehors de la zone euro, et que des investisseurs recherchent les valeurs anglaises.
Il est clair que cette crise provoquée par une bulle généralisée de liquidités, en s’étendant avec les banques a laissé des traces. Il y a peu Michel Barnier, Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, affirma que « les marchés financiers sont plus sûrs et plus solides qu’auparavant », et il dressa une liste des principales réformes entreprises. En bref le risque a été cloisonné au niveau des banques, et des règles prudentielles ont été instaurées pour assurer la liquidité et la solvabilité. Malgré tout le risque a pu gagner des espaces non réglementés, dont on ne mesure pas toujours les dangers cachés et potentiels.
On peut mentionner que l’indice boursier régional IAE Lyon – Université Jean Moulin a regagné 60% en cinq ans, retrouvant ainsi ses niveaux de septembre 2007, même s’il est encore 10% en-dessous des records de mai 2007 (cf. graphique de crise).
On relevait ces dernières années que les petites et moyennes capitalisations avaient plus tendance que les grandes sociétés à mieux se comporter globalement en termes de performances, le phénomène s’étant plus que confirmé. Avec le lancement annoncé d’ici quelques mois du PEA – PME l’indice boursier régional IAE - Université Lyon 3, original et précurseur par sa conception, devrait bénéficier d’atouts complémentaires.
 

DES PERSPECTIVES REFLECHIES

Le bilan de l’exercice en cours apparaît plutôt positif, même si le taux moyen d’emprunt sur les échéances moyen et long terme, s’est élevé, se situant actuellement pour la France à 2,4% (échéance à 10 ans). Notre pays dispose ainsi de conditions de financement encore intéressantes, lui permettant de contenir pour l’instant au mieux le poids de son endettement.
Mais contre toute attente, il y a quelques jours la Réserve Fédérale américaine décidait de maintenir sa politique monétaire inchangée, attendant « davantage de preuves de reprise », face à une consommation stagnante, à un chômage mal appréhendé, et à un renchérissement des prêts immobiliers longs…Les Bourses ont compris le message, et comme les liquidités restent abondantes, les hausses potentielles ne sont pas arrêtées. Cependant les marchés restent attentistes face à la nouvelle situation budgétaire fédérale américaine et à la crise politique italienne.

Les marges de manœuvre sont malgré tout étroites, car la reprise modeste de la croissance ne résoudra pas tout. L’augmentation des prélèvements fiscaux, la difficulté de limiter les dépenses budgétaires sont des réalités qui peuvent conduire dans la durée à une démotivation pernicieuse et à un repli sur soi-même, dans un monde de compétition.
Les français ont tendance à être pessimistes, et critiques, ce qui peut altérer leur rationalité voire leur bon sens. Pourtant chacun sait que le mois d’octobre se révèle souvent plutôt sombre pour les marchés, ce qui signifie que la prudence s’impose de rigueur, même si la sortie de crise apparaît réaliste.
 

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